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Songs et One
Symphony
ffff
Que
fait un musicien de jazz quand il n'aime plus trop ce qui se joue en jazz
de nos jours ? Et surtout quand il a été, dans les années 60-70, l'un
des artisans décisifs de l'avant-garde d'alors ? Il rêve souvent d'écrire
des partitions pour le cinéma... Nombre de disques sortent, qui sont des
musiques de films virtuels : ainsi le tout récent Rien, de notre guitariste
expérimentateur Noël Akchoté (superbement édité, avec photos, par Winter
& Winter). Quant au trompettiste Michael Mantler, Autrichien de naissance,
fondateur en 1966 avec Carla Bley de la Jazz Composers Orchestra Association
(JCOA), qui organisa avec efficacité une bonne part de la musique en rupture
avec le bop, il a publié deux albums de ses Movies. Admirateur par ailleurs
des dramaturges Samuel Beckett et Harold Pinter, des poètes Giuseppe Ungaretti
et Edward Gorey, il leur a consacré des uvres à la limite du jazz
et de la musique contemporaine.
Séparé de Carla Bley, il s'est établi au Danemark et vit une partie de
l'année à Grignan, dans la Drôme. Ce
qui pourrait expliquer la double inspiration, nocturne et solaire, de
son écriture pour One Symphony (titre modeste : juste une symphonie de
plus), où s'entendent, si l'on veut déceler des influences, celles du
compositeur Ernest Bloch, de l'Igor Stravinsky néoclassique et, pour en
revenir au cinéma, de Bernard Herrmann, auteur des partitions orageuses
des grands films d'Alfred Hitchcock. Quant aux Songs de Mantler, sur des
textes d'Ernst Meister chantés par Mona Larsen (après l'avoir été par
Jack Bruce), elles évoquent les années 20, mais aussi le jazz par leur
phrasé. Amateurs stricts, vous voilà prévenus : Michael Mantler compose
de la musique où l'improvisation n'a plus de part. Mais qui emporte.
- Michel Contat
1 CD ECM 1721 543036-2 - Distr. Universal - 56 mn.
De Michael Mantler, ECM réédite en même temps No answer/Silence
(ffff), Movies/ More movies (ffff), Something there (ffff), Alien (fff).
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